Le temp des cerises a 20 ans !

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Le 26/05/2016 à 10:52


Il Y A 17 ANS S’OUVRAIT « LE TEMPS DES CERISES »

Ce texte a été écrit pour le rapport d’activité 2003 de l’association OSER, alors gestionnaire du temps des cerises. Il a été réactualisé et transcrit pour l’essentiel fonctionnement actuel de l’hôtel. Historique ou ce que devint l’Hôtel du Commerce à Bourg. En 1992, le C.H.R.S. le F.A.R. fait le constat de l’impossibilité qu’il y avait à répondre aux besoins en matière de logements de certains publics. D’autre part, en exerçant le suivi social des personnes sorties du C.H.R.S., dans le cadre de son Service Extérieur (appartements en sous-locations ou autonomes, chambres d’hôtel en ville…) le FAR est interpellé par une autre problématique : «Celle concernant les personnes ne supportant pas les contraintes de la vie collective en foyer, ou n’en n’ayant pas besoin, mais ne pouvant pas pour autant assumer la solitude et l’autonomie parfois exigeante de la vie dans un logement indépendant et isolé. » C’est à partir de ce diagnostic là que l’association F.A.R. acquiert le fonds de commerce de l’hôtel nommé « hôtel du Commerce » dans le quartier de la gare à Bourg en Bresse, en juillet 1993. L’association devient ainsi locataire des murs de cet hôtel et y développe un nouveau projet d’hébergement en direction des publics en difficultés. Le coût du fonds de commerce était de 300 000 francs (360 000 francs avec les frais) que l’association ne possédait pas. La mairie de Bourg en Bresse et le Conseil Général ont refusé l’apport de leur caution pour un prêt contracté par l’association, au motif qu’ils ne pouvaient pas cautionner l’achat d’un bien immatériel. Le projet pourra cependant démarrer rapidement avec une autorisation provisoire de découvert sur le compte de l’association accompagnée de la caution apportée par certains salariés du F.A.R. Le nom de baptême de l’hôtel devient « Le Temps des Cerises ». Dans le même temps, l’Etat, suite à l’emprunt dit « Balladur », mettait en place des fonds permettant de subventionner, à hauteur de 50% du coût, l’acquisition de résidences sociales ou pensions de famille par des associations. L’association F.A.R. déposait donc une demande dans ce cadre là auprès du chef de projet du P.D.A.L.D. de l’Ain pour un montant de 1.004 000 francs qui était acceptée dans sa totalité (c’était le seul projet émanant du département de l’Ain). Le découvert en banque a pu se transformer en prêt par le versement de 180 000 francs pris sur cette subvention. La fondation Abbé Pierre acceptait de verser le complément de 180 000 francs pour couvrir l’achat. Les 824 000 francs restants seront dépensé pour des travaux d’aménagement à condition de mobiliser pour chaque dépense 50 % du coût auprès d’un autre financeur. Ce sera le cas jusqu’en 2007. Les premiers locataires s’installent en novembre 1993. L’association F.A.R. gérant désormais deux établissements, le C.H.R.S. le F.A.R. et l’hôtel « Le Temps des Cerises » devient l’association O.S.E.R. : Objectifs Solidarité Et Réinsertion.

Une pension de famille

Il s’agissait pour le Conseil d’Administration et l’équipe éducative de proposer un habitat adapté et un logement durable à des personnes vivant une grande exclusion, qu’elles sortent de C.H.R.S. ou pas. La formule « pension de famille », décrite pour la première fois par nos services dans le rapport d’activité de 1993, présentait deux intérêts principaux : * la possibilité de bénéficier d’un temps d’hébergement non limité, à priori, * la possibilité de vivre dans une structure de taille humaine tout en évitant les problèmes de vie quotidienne dus à la solitude et à l’isolement. Ce nouveau projet prévoyait donc de proposer un habitat de droit commun de 30 places avec le respect du statut locatif tout comme celui de la libre jouissance des lieux privatifs. L’objectif était également de permettre aux futurs habitants de la structure de se détacher d’une prise en charge lourde et globale proposée en C.H.R.S. « Face à ces constats (évoqués plus haut)…une structure type pension de famille nous a semblé répondre au mieux aux besoins recensés (peur de la solitude, difficultés à trouver des logements pour des personnes en situation de précarité…) » (extrait du Rapport d’Activité de l’année 1993). Le souhait de l’association était de proposer une forme d’hébergement plus souple qu’un foyer, un logement personnel au sein d’une collectivité impliquant moins de contraintes que la vie de groupe en C.H.R.S. et assorti d’un accompagnement social en fonction des demandes des résidents. Si la durée de séjour n’était pas, à priori, limitée, aucune limitation n’était imposée non plus aux conditions d’âge. La mixité, pour le Conseil d’ Administration, était à rechercher sous toutes ses formes : mixité d’âges, de situations de familles, de parcours, d’histoires de vies… La volonté de l’association, lors de la mise en place de la structure, était de « faire cohabiter des populations très différentes les unes des autres, leur seul point commun étant la faiblesse de leurs revenus et leur isolement, leurs difficultés d’exclusion sociale… Le brassage des populations et des situations sociales sert à rompre cet isolement. » (extrait du R.A. 1993). L’association souhaitait ainsi aider toutes ces personnes à retrouver une certaine sécurité de logement et le sens de la relation. Pour ceux qui n’imaginaient qu’un court séjour dans la pension de famille, l’objectif était également de les aider par le retour dans un logement de droit commun. La structure a toujours tenté d’éviter tout repli sur elle-même. La situation, en centre ville, du « Temps des Cerises » était un atout de qualité pour répondre aux besoins de liens sociaux des résidents. Cette pension de famille « institutionnelle » s’est ouverte peu à peu au partenariat local, cédant ainsi de 5 à 10 places à des orientations « A.L.T. » provenant de différents services sociaux tout en offrant les 20 autres places en tant que pension de famille et permettant à d’autres partenaires d’y solliciter des solutions d’hébergement pour des personnes dont ils avaient le suivi logement en charge. Les trois premières années de fonctionnement, nous avons pu bénéficier d’une aide de la part de l’Etat, à savoir, le financement d’un « Emploi Local d’Insertion ». Le renouvellement d’une telle mesure était possible mais il ne nous fut, finalement, pas accordé. Nous avons également bénéficié durant quelques années d’un financement provenant du Fonds d’Aide Sociale (F.A.S., devenu le F.A.S.I.L.D), à hauteur de 2000 euros par an, aide aujourd’hui disparue. Une circulaire de 1994 prévoyant le nouveau statut de « Résidences Sociales » nous laissait entrevoir un nouvel espoir de financement. En effet, entre 1995 et 2000, l’association A.LA.T.F.A. (Devenue aujourd’hui ALFA 3A) « engageait un programme lourd visant à faire évoluer une partie importante de ses infrastructures immobilières conformément au concept de « résidence sociale » introduit par les textes de 1994. » Extrait d’une note explicative émanant de l’ALATFA et concernant l’accompagnement social, diffusée lors d’un bureau du F.S.L le 27 octobre 2000. Lorsque nous demandions à nouveau, en 1999, un financement de l’activité existante au « Temps des Cerises », depuis six ans, et montrant un taux d’occupation de 95%, celui-ci nous était refusé au regard de la subvention obtenue et citée ci-dessus : elle émanait de crédits dits « d’urgence » et ainsi, n’autorisait pas l’accès de l’hôtel à l’Aide Personnalisée au Logement (A.P.L.). Le seul poste à plein temps (partagé par deux animateurs à mi-temps) faisant fonctionner le « Temps des Cerises » se maintenait donc par le seul auto-financement provenant des seuls loyers versés par les locataires.

La circulaire « Maisons Relais »

Au début de l’année 2003, nous interpellions la Fondation « Abbé Pierre Pour Le Logement Des Défavorisés » qui nous avait déjà aidé, en 1993, à concrétiser notre projet. La fondation revint visiter le « Temps des Cerises » dix ans plus tard et discuter avec l’association O.S.E.R. de l’évolution de la situation. C’est suite à cette entrevue que nous décidions de soumettre à nouveau à la D.D.A.S.S. de l’Ain une demande de subvention au titre de la circulaire « Maisons Relais » de décembre 2002. La Fondation « Abbé Pierre » confirmait en effet que « notre activité, tournée vers le logement des personnes en difficultés baptisée « Le Temps des Cerises », s’apparente à la notion de pension de familles, ou maison relais, selon les termes de la circulaire de décembre 2002. » Elle ajoutait : « cet ancien hôtel, d’une capacité de 30 places pour des personnes isolées, remplit une fonction de logement, complétée par votre présence régulière qui en assure l’animation. Pour nous,…, votre activité pourrait utilement demander un agrément maison relais, ce qui permettrait de conforter le fonctionnement et peut-être d’envisager un programme de travaux d’amélioration des locaux. Si vous recueillez l’adhésion des partenaires locaux sur cette question, nous vous confirmons que nous pourrons accompagner cette démarche. » Ce qui suit est le projet que nous avons déposé, à cet effet, à la D.D.A.S.S. de l’Ain.

16 ans déjà !

Le rôle du personnel d’accueil

Au Temps des Cerises il est défini dans le sens de la création d’un lieu convivial, d’échanges et de solidarité, créateurs de lien social, et ce, dans l’objectif de rendre une citoyenneté aux personnes l’ayant perdue à force d’exclusion. C’est dans ce sens que le personnel d’accueil est chargé de la maîtrise des attributions, afin d’assurer la cohérence du peuplement de la structure. Il doit également maîtriser la gestion des lieux, la régulation de la vie collective et le tissage de la convivialité. Il n’a pas particulièrement vocation à assurer un accompagnement social (même si le quotidien est fait d’aides à la constitution ou au suivi de certains dossiers), s’agissant d’un habitat de droit commun, les locataires sont invités à prendre contact avec les intervenants sociaux extérieurs. Il n’en a surtout pas les moyens. Il s’agit avant tout d’assurer une présence régulière et identifiée. La participation des résidents est fondamentale dans l’établissement des liens conviviaux entre les locataires. Elle passe par la répartition des tâches ménagères (entretien de certains locaux, confection éventuelle de repas…), par l’échange de petits services entre locataires. Pourtant cette participation ne doit pas s’imposer de façon institutionnelle (différenciation avec le CHRS). Il s’agit plutôt de favoriser la prise d’initiative des habitants, d’où l’existence de lieux d’expression que peuvent être les réunions de locataires (conseil de maison).

Les habitants

Au « Temps des Cerises » vit un groupe de locataires très hétérogène du point de vue des parcours, des difficultés rencontrées, des origines, des âges,…leurs points communs étant l’isolement, le besoin d’être entourés et la faiblesse de leurs revenus. La structure accueille ainsi : • des femmes seules ou avec leurs enfants, • des familles, • des couples, • des personnes retraitées, • des jeunes en stage de formation ou salarié(e)s, • des personnes sortant de l’hôpital psychiatrique, • des personnes handicapées, • des personnes sortant de C.H.R.S. • des personnes de tous âges ayant un contrat de travail et une situation financière précaire…

Le logement.

Il y a 23 chambres pour une capacité de 30 places. * Ce sont des chambres d’environ 20m2 chacune. * Elles possèdent toutes des salles de bains et toilettes. * Elles sont toutes meublées. * Le blanchissage de la literie est compris dans le prix du loyer (draps toutes les deux semaines, couvertures deux fois par an). * Le chauffage est électrique et son coût est compris dans le prix du loyer. * Le loyer est de 280 euros toutes charges comprises, par mois, pour une personne seule * Une cuisine collective. Chaque chambre est équipée de réfrigérateurs et de rangements alimentaires. La cuisine aurait toujours pour fonction d’accueillir les pensionnaires pour préparer des repas collectifs ou festifs. * L’hôtel est construit sur deux étages. * Les salles communes sont au rez-de-chaussée : la cuisine collective, le salon (accessible aux locataires hors permanence du personnel), la salle du bar, la cuisine prévue pour les repas préparés en commun avec le personnel, la laverie (non accessibles aux locataires hors permanence du personnel). L’accès à l’immeuble se fait avec des cartes codées délivrées par l’association aux locataires lors de la signature du contrat d’occupation. L’accès au logement De façon générale, chaque candidature de résident est examinée par l’animateur de service au cours d’un entretien : - soit la situation de l'intéressé ne présente pas de difficultés particulières, l'admission peut être prononcée immédiatement en cas de chambre disponible, - soit la personne se trouve en situation sociale fragile (problème de ressources ou de comportement), dans ce cas une orientation vers une structure plus adaptée (C H R S,...) sera étudiée en lien avec les partenaires. Au cours du premier entretien, l'animateur de service présente la maison relais au futur résident, lui donne toutes explications nécessaires sur le règlement intérieur, la redevance, le titre d'occupation, et l’informe des droits et obligations réciproques de chacun. Les formalités préalables à l'entrée du nouveau résident (sollicitation des aides financières éventuelles, ...) seront réalisées par l'organisme adressant ou par l'animateur de la maison s'il n'y a pas d'adressant et dans la mesure où il est suffisamment disponible. Lors de l’admission, il y a concrétisation des engagements mutuels par la signature du titre d'occupation.

Statut de l’occupant

La pension de famille constitue pour le résident son domicile pendant toute la durée de son hébergement. Tout résident doit détenir son titre d'occupation établi par écrit et co-signé par un responsable de l’association et par lui-même. Le titre d'occupation doit comporter tous les éléments d'informations concernant notamment sa date de prise d’effet, le rappel des conditions d'accueil, la désignation des locaux et équipements à usage privatif dont le résident à la jouissance, les obligations relatives à l'occupation personnelle et effective des locaux qui lui ont été désignés, le montant de la redevance totale indiquant qu’elle comprend un loyer et des charges, le montant du dépôt de garantie et les clauses résolutoires. La signature par le locataire du titre d’occupation vaut acceptation du règlement intérieur. La résiliation du titre d’occupation par l’association gestionnaire ne peut intervenir que pour deux motifs : • l’inexécution par le locataire de l’une des obligations lui incombant au regard du titre d’occupation ou le manquement grave ou répété au règlement intérieur (par exemple le non-paiement du loyer…) • le fait, pour le locataire de ne plus remplir les conditions d’admission dans la structure. L’accompagnement Collectivité et convivialité Rompre avec l’isolement que vivent ces personnes est l’objectif principal de l’association. Le projet s’inscrivait, dans la démarche de l’association OSER, dans une certaine continuité avec l’action qu’elle menait dans le CHRS le FAR, mais il s’agit bien d’offrir un cadre sécurisant qui laisse place aux initiatives et à la participation à la vie collective des locataires. Le sens donné à cette alternative est de créer « un lieu chaleureux où chacun est indépendant mais peut trouver un espace propice aux rencontres avec les autres ». (extrait du R.A. 1993) Dans le même temps il n’est pas question de créer un ghetto : la volonté de l’association est d’ouvrir ce lieu sur l’extérieur afin d’élargir les échanges, de créer une dynamique de vie à l’intérieur et de reconstituer un réel tissu social. C’est ainsi que sont organisés des débats publics sur des sujets de société, des concerts, des soirées dansantes, des repas festifs (anniversaires de certains locataires ou autres… Ces manifestations ont lieu au gré des initiatives des résidents ou des propositions de l’association. Plus régulièrement un buffet froid, préparé par le personnel et certains habitants de la pension (selon les disponibilités de chacun), autour d’un apéritif est proposé tous les vendredi soirs. La participation à ce rendez-vous hebdomadaire est bien sûr facultative, les amis et connaissances des locataires y sont invités. C’est l’occasion pour le personnel de veiller à l’harmonie des relations, de discuter avec les résidents, de connaître l’ambiance du moment, les soucis de certains, de proposer aide et réconfort. Cela apporte aussi une éventuelle sécurisation à certaines personnes qui, en fin de semaine, voient arriver un début de « déprime ». C’est parfois aussi le moment d’un rappel à la loi, dans un cadre convivial et non pas trop institutionnel. Des réunions entre locataires et animateurs ont également lieu, en vue de l’organisation de l’entretien des locaux, du respect de la sécurité de l’établissement, de la prise en charge des petites tâches quotidiennes… Les salariés de la structure sont également appelés à calmer, par l’écoute et la parole, les tensions qui ne manquent pas d’exister dans une telle collectivité. Ils apaisent les colères dans un premier temps puis tentent de rétablir le dialogue entre les différents protagonistes.

Services

Une buanderie est mise à disposition des locataires mais uniquement pendant les permanences assurées par le personnel. C’est en effet ce dernier qui « gère » les demandes de chaque locataire de manière à éviter tout encombrement de ce service et toute détérioration du matériel de lavage et de séchage. Un bar existe dans une des salles communes, et à tout moment de la journée, les locataires peuvent y consommer un café. C’est l’occasion pour ceux qui ne travaillent pas de se retrouver ensemble pour diverses discussions, en compagnie des animateurs qui, tout en vaquant à d’autres occupations sont présents. Ce bar-café n’est, en effet, ouvert qu’en présence des salariés même si, bien sûr, le café est souvent fait par certains résidants. C’est encore un moment où l’animateur présent sera tour à tour celui à qui on a envie de se confier, avec qui on veut plaisanter et aussi celui qui remet de l’ordre. L’entretien des pièces communes est assumé par le personnel chargés, en outre, de superviser les tâches ménagères incombant aux locataires. Il est, en effet, indispensable de garantir un minimum de respect des engagements pris par chaque locataire, sans pour autant être aussi dirigiste que dans le cadre d’un CHRS par exemple. Il en va de même pour les différentes réunions de locataires qui tout en s’orientant vers la mise en place d’un conseil de maison, sont supervisées par le personnel mais non imposées. Elles sont encore l’occasion de se retrouver autour d’un repas. Les salariés de l’hôtel travaillent également avec tout le partenariat social dans le sens où les locataires, en lien avec les différents services sociaux ou associations, ont souvent besoin d’une explicitation d’un courrier, de passer une communication téléphonique en vue de démarches administratives ou tout simplement de rapporter un entretien qu’ils ont pu avoir avec le travailleur social qui suit leur dossier. Il s’agit de jongler entre un rôle de suivi social et celui d’hôte. Il s’agit aussi de renforcer, sans contrôle aucun, les liens tissés par les locataires avec les services sociaux et certaines autres associations. Le personnel assure, en fait, la liaison entre le référent social, quand il existe, et le locataire. Les rencontres quotidiennes avec ce dernier sont l’occasion d’affiner, de ré-orienter ou d’induire des projets et de régler certaines situations. Des contacts réguliers sont pris avec les référents sociaux afin de bilanter la situation de certains résidents. Soutenir les démarches de ces derniers, dans l’optique du respect de tous leurs droits est bien aussi le rôle de l’animateur de la maison. C’est ainsi qu’il faut comprendre le « travail social et relationnel » proposé.

Alimentation - Economat

Si tous les locataires sont autonomes et indépendants concernant l’aménagement de leur chambre et l’entretien de celle-ci, c’est le personnel qui se charge d’acheter, de gérer et de mettre à disposition certains produits d’entretien pour les locaux communs ou certains matériels (l’aspirateur par exemple). Concernant l’alimentation, un rendez-vous régulier et hebdomadaire est pris avec la Banque Alimentaire : cette dernière offre à l’association toute une série de produits d’alimentation mis à disposition des locataires. Certains produits sont aussi utilisés pour les préparations communes de repas ou pour le buffet du vendredi soir. Plus occasionnellement il se passe la même chose avec les « Resto du Cœur ».

Gestion de la maison

Le personnel et les adhérents de l’association sont chargés de l’assumer : • gestion des loyers (encaissements, calculs d’échéanciers…), • liens à construire avec les services de la C.A.F., • gestion des entrées (réception des candidatures, entretiens avec chaque candidat, état des lieux, gestion des contrats d’occupation…),gestion des sorties (états des lieux, aide au déménagement en lien avec un réseau associatif éventuellement, soutien parfois auprès d’autres bailleurs…). • Comptabilité établissement et suivi du budget. Une réunion des animateurs et des bénévoles a lieu tous les 15 jours durant lesquelles sont abordés les demandes de logement, les demandes des locataires, les travaux d’entretiens à accomplir, le suivi des différents dossiers, les décisions à prendre…

Horaires

Actuellement deux personnes assurent l’animation du lieu, elle sont présentes en journée et une fois en demi-journée, le jeudi après-midi. Permanences actuelles : Le lundi 9h à 17h Le mardi 10h à 20h Le mercredi 9h à 17 h Le jeudi 10h à 16h Le vendredi 11h à 20h Depuis la création de la structure, il y a 16 ans, ce fonctionnement a, bien sûr, été renforcé par l’intervention ponctuelle des membres de l’association. La présence de 1,5ETP (équivalent temps plein) n’aurait jamais suffi à la mise en place d’un tel service (accueil, logement, accompagnement au quotidien…). D’autre part le manque de moyens en personnel permanent induit également la détérioration des locaux eux-mêmes dans le sens où l’hôte, tout seul, ne peut prendre en charge un travail conséquent d’entretien et de suivi des travaux.

Ce dont nous avons rêvé

Un petit peu d’argent ! En ce qui concerne le financement de fonctionnement la circulaire du 10 décembre 2002 « prévoit essentiellement le financement du couple d’hôte : la participation de l’Etat, financée sur les crédits du chapitre 46-81, article 20 du budget du ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité est plafonnée à 8 euros par jour et par place ». Pour nous cela aurait représenté enfin la présence de deux personnes pouvant se partager les permanences en journées pleines, complétées par des permanences en soirée et sur une partie du week-end. Cette nouvelle organisation aurait également renforcé la disponibilité des hôtes, ainsi plus proches des pensionnaires pour pouvoir être contactés plus ou moins à tout moment selon les besoins. Tout ce qui est présenté plus haut, en termes d’activité et de fonctionnement, s’essouffle faute de personnel suffisant. D’autre part il y a de ce fait une sous utilisation des locaux communs qu’offre la structure (le bar-café, la cuisine servant aux préparations en commun des fêtes et repas, le salon et la salle de réunion). La présence véritable d’un « couple d’hôtes » (obtenu grâce au soutien de la FAP) a cependant permis permis des horaires de fonctionnement étendus offrant diverses possibilités : * aide renforcée à la préparation des repas, des fêtes, des manifestations, * accompagnement autour de l’entretien des chambres et des locaux communs, * mise en place d’activités de loisirs, en soirée et surtout le dimanche, * perfectionnement de l’équilibre qui doit être tenu entre suivi social en lien avec les travailleurs sociaux référents et accompagnement au quotidien, aide à la compréhension des droits existants et de l’accès aux droits, * soutien par une véritable équipe d’hôtes à la constitution d’un conseil de maison, * meilleur suivi du programme de travaux d’amélioration de la structure. La reconnaissance de la structure « Le Temps des Cerises » comme maison relais était le moyen de conforter le travail décrit ci-dessus et représentant l’accueil et l’accompagnement de personnes en grandes difficultés sociales tels qu’ils sont proposés dans la circulaire prévue à cet effet (2002/595 du 10 décembre 2002). Depuis 16 ans, l’hôtel présente un taux d’occupation de 95%, il offre une réelle alternative de logement au partenariat social du département de l’Ain et de la ville de Bourg en Bresse.

Drôle de réveil

Notre projet, sous cette forme, était déposé à la D.D.A.S.S. de l’Ain en avril 2003. Un comité régional (différent du C.R.O.S.S.) se tenant à la D.R.A.S.S. du Rhône le 21 mai suivant ne l’accepta pas, les associations n’étant pas propriétaires des murs de la structure qu’ils font vivre ne pouvant prétendre à l’agrément « Maison Relais ». Si nous étions propriétaires des murs du bâtiment hébergeant le « Temps des Cerises », nous bénéficierions de l’A.P.L. D’autre part, l’historique de cette pension de famille rappelle bien que celle-ci, à sa naissance en 1993, a bénéficié de financements sur la ligne d’urgence du ministère du logement. Les services de la D.D.E. de l’Ain à qui nous nous adressions, en avril 2003, nous informait donc que ces crédits là « n’ouvrent pas droit au bénéfice de l’A.P.L. Cet obstacle nous a déjà empêché d’accorder à l’hôtel social le statut de « résidence sociale »… Je suis en regret de vous confirmer, sauf changement majeur, l’impossibilité de vous accorder cette reconnaissance officielle » extrait d’un courrier répondant à notre demande de Monsieur le chef de projet du P.D.A.L.D. Notons ici que la circulaire « maison relais » se réfère bien aux décrets de 1994 concernant le statut des « résidences sociales ». Dans son paragraphe nommé « Objectifs et cadre réglementaire des maisons relais », elle énonce : « la maison relais constitue une modalité particulière de résidence sociale, régie par les articles R 353 et suivants du code de la construction et de l’habitat et la circulaire n° 96-5733 du 17 décembre 1996. Elle ouvre droit au bénéfice de l’allocation personnalisée au logement (A.P.L.) » Nous étant penchés sérieusement sur la dite circulaire, nous avions peut-être un peu trop « simplement » compris que le statut de « maison relais » ouvrait droit au bénéfice de l’A.P.L. Les services de la D.D.E, puis le comité régional nous ont précisé que ce n’était pas le cas. La D.D.A.S.S. et la D.D.E. de l’Ain nous conseillaient, au réveil de ce qui ne fut qu’un trop beau rêve, de projeter, éventuellement, l’achat des murs. Leurs services aimeraient connaître, en outre, les projets du Conseil Général de l’Ain, nouveau propriétaire de l’ensemble des immeubles encore occupés par le Centre Psychothérapique de l’Ain. La situation géographique de l’hôtel « Le Temps des Cerises » le place en effet, au cœur de l’ensemble des locaux de ce qui est encore l’hôpital « La Madeleine ». Les embûches sur le chemin du financement d’un projet à l’état de marche depuis 10 ans sont décidément épineuses ! Nous avons sollicité d’une part le propriétaire des murs du « Temps des Cerises » pour lui en proposer l’achat, d’autre part à Monsieur Pépin, Président du Conseil Général de l’Ain concernant le devenir de ce même immeuble. La propriétaire préfère jouir de la rente que lui procure un bail commercial dont le locataire supporte l’ensemble des contraintes : taxe foncière, travaux, etc. Le tout dernier paragraphe de la circulaire signée par Madame Versini et Messieurs Fillon et de Robien conclue : « Nous attachons une importance particulière à ce nouveau programme. Il doit permettre de faire évoluer les modes de prise en charge des personnes, encore trop souvent condamnées à la fréquentation répétitive des structures d’hébergement provisoire, vers des dispositifs leur assurant un accueil durable ; il est la condition première de leur réinsertion dans le tissu social » Dans son préambule d’un chapitre nommé : « Principes majeurs, objectifs et positionnements communs à l’ensemble des pensions de famille du réseau Fondation Abbé Pierre » la dite fondation précise : « Les pensions de famille visent à favoriser un cadre de vie chaleureux, sécurisant, où chacun peut retrouver une stabilité, vivre avec sa particularité, réapprendre la confiance, faire des projets dont il sera l’acteur central. Les pensions de famille doivent répondre à des besoins non couverts. Elles s’adressent à des personnes qui souffrent d’isolement et qui, pour des raisons multiples, ne trouvent pas leur place dans le logement traditionnel… Plus généralement, les pensions de famille contribuent à lutter contre la discrimination par le respect des droits et devoirs de chacun. » Sans dire que le ministère des affaires sociales et la fondation « Abbé Pierre » sont forcément nos maîtres à penser, un hébergement durable et le respect de l’égalité des droits sont pour nous des éléments incontournables contre l’exclusion. C’était dans ce sens qu’une pension de famille, avant la lettre, nous était venue à l’idée. Mais les « porteurs de projets », comme ils disent, n’avaient pas l’heur de plaire aux décideurs.

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